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Dans la glorification du «travail», dans les infatigables discours sur la
«bénédiction» du travail, je vois la même arrière-pensée que dans les
louanges adressées aux actes impersonnels et utiles à tous : à savoir la
peur de tout ce qui est individuel. Au fond, on sent aujourd'hui, à la vue
du travail — on vise toujours sous ce nom le dur labeur du matin au soir —,
qu'un tel travail constitue la meilleure des polices, qu'il tient chacun en
bride et s'entend à entraver puissamment le développement de la raison, des
désirs, du goût de l'indépendance. Car il consume une extraordinaire
quantité de force nerveuse et la soustrait à la réflexion, à la méditation,
à la rêverie, aux soucis, à l'amour et à la haine, il présente constamment à
la vue un but mesquin et assure des satisfactions faciles et régulières.
Ainsi une société où l'on travaille dur en permanence aura davantage de
sécurité : et l'on adore aujourd'hui la sécurité comme la divinité suprême.
Nietzsche, Aurore, livre troisième ; aphorisme 173. »
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